Comment les fondations communautaires canadiennes utilisent Signes vitaux et les données locales pour accroître leur impact dans la communauté

De l’Atlantique au Pacifique à l’Arctique, les fondations communautaires canadiennes s’imposent comme des leaders mondiaux en ce qui a trait à la philanthropie basée sur des données, et augmentent leur impact communautaire au moyen de Signes vitaux.

En animant les importants dialogues Échanges vitaux et en publiant les rapports Signes vitaux, les fondations communautaires sont en mesure de fournir à leur collectivité des données locales pertinentes et à jour. Cette information peut ensuite servir aux fondations communautaires et à d’autres acteurs locaux en vue de satisfaire les besoins les plus urgents de la communauté.

Les connaissances acquises par l’entremise de Signes vitaux aident également les fondations à forger de nouveaux partenariats multisectoriels et à accéder à de nouvelles sources de revenus. Les occasions à ce titre s’intensifient grâce à l’intégration des objectifs de développement durable (ODD) comme cadre pour les données locales; en situant les enjeux locaux dans un contexte mondial, cela permet d’ouvrir la voie à la collaboration avec des collectivités et des organisations du monde entier.
Voici les commentaires de quelques DG de fondations communautaires qui ont transformé leur travail au moyen de Signes vitaux :

Une base aux lignes directrices internes pour le subventionnement

Nous avons harmonisé nos lignes directrices pour le subventionnement avec notre programme Signes vitaux, en utilisant les données ainsi que la rétroaction de la communauté que nous avions recueillies dans notre recherche pour Signes vitaux et dans nos Échanges vitaux. Par exemple, l’an dernier nous avons intégré à notre sondage pour Signes vitaux des questions concernant l’accès à des soins de santé buccodentaire, en nous inspirant d’un programme que nous facilitions avec Green Shield Canada. Comme nous avions harmonisé dès le début notre subventionnement avec la collecte des données pour Signes vitaux, nous étions plus en mesure de cibler les besoins de la communauté et de modifier les appels à présenter des demandes de subvention, de façon à tenir compte des priorités et des besoins locaux.

— Lisa Kolody, directrice générale, WindsorEssex Community Foundation

Un moyen d’optimiser les ressources 

Pour promouvoir une prise en main collective et durable, la FGM soutient des organisations qui jouent un rôle-clé dans le développement et la coordination de solutions concrètes aux enjeux soulevés par les Signes vitaux et les ODD. Nous aidons celles et ceux qui, par leur réseau et leur capacité organisationnelle, leur capacité à connecter et mobiliser les autres, sont susceptibles d’agir comme levier et nous leur offrons des ressources pour le faire.

— Yvan Gauthier, président-directeur général, Fondation du Grand Montréal

Un mécanisme pour générer de nouvelles sources de revenus

En 2013, les résultats de notre deuxième rapport Signes vitaux ont directement entraîné la mise sur pied du projet Youth Engagement Strategy (YES), une initiative de développement communautaire de la Community Foundation of the South Okanagan Similkameen. Les six années suivantes, le projet YES a généré plus de 2 millions de dollars en dons à la fondation, ce qui a permis à celle-ci d’acheter un édifice de 21 000 pieds carrés qui est loué à cinq organismes desservant les jeunes. Penticton dispose maintenant d’un centre financièrement autonome pour les services à la jeunesse.

— Aaron McRann, directeur général, Community Foundation of the South Okanagan Similkameen

Un moyen de nous positionner comme un centre local de connaissances et de dialogue

La London Community Foundation (LCF) a utilisé son rapport Signes vitaux comme catalyseur afin de centrer le débat public et les conversations communautaires sur les enjeux les plus pressants pour London. Avec les années, Signes vitaux a positionné la LCF comme un leader dans le domaine des connaissances locales, et le rapport est largement utilisé par des responsables de l’administration municipale, par des OSBL et par le secteur privé comme un point de référence pour la planification stratégique, les plaidoyers et la création d’une politique s’appuyant sur des données. Par ailleurs, nos Échanges vitaux ont servi de plateforme afin de mobiliser notre communauté autour des ODD de l’ONU.

— Martha Powell, présidente-directrice générale, London Community Foundation

Un moyen de favoriser les partenariats en utilisant les ODD

Lorsque nous avons adhéré aux ODD, nous avons commencé par faire le bilan de tout le travail qui s’effectuait déjà dans notre collectivité, et nous avons constaté avec plaisir qu’un grand nombre de personnes travaillaient très fort pour changer les choses — qu’effectivement, ces personnes œuvraient déjà à la concrétisation des objectifs. Ce qui est extraordinaire concernant l’intégration des ODD à Signes vitaux, c’est que les particuliers et les organisations peuvent voir combien leur travail important contribue à relever des enjeux plus vastes et mondiaux. Dans une région rurale comme la nôtre, cela nous permet de tisser des liens avec d’autres organisations, donateurs et fondations, pour nous aider mutuellement à résoudre des problèmes à une échelle beaucoup plus grande.

— Tracey Vavrek, présidente-directrice générale, Community Foundation of Northwestern Alberta

Pour plus d’information

Si vous avez des questions concernant Signes vitaux, veuillez contacter Alison Sidney, Gestionnaire des initiatives stratégiques.

La 2e saison de No Little Plans est commencée!

Voté un des 10 meilleurs nouveaux balados d’Apple en 2018, No Little Plans est de retour pour une deuxième saison. Le 1er épisode de la 2e saison est maintenant disponible. Téléchargez-le aujourd’hui!

Intitulé « For love of country food », cet épisode explore les défis à relever pour concrétiser l’ODD 2 (faim « zéro ») dans le Nord canadien où une douzaine de canettes de Coke peut coûter 20 $.

Écoutez ici la première épisode!

Nous avons de grands projets pour la 2e saison. Restez à l’affût chaque mois pour la diffusion de nouveaux épisodes qui aborderont des sujets tels que les mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques, le travail décent, etc.

Vous avez raté la 1re saison? Consultez la liste de nos épisodes (en anglais seulement) consacrés entre autres aux thèmes éradication de l’itinérance, égalité des genres et vie aquatique.

No Little Plans continuera d’être disponible via iTunes Store, Spotify, Soundcloud et d’autres fournisseurs de balados.

Les ODD : pour que tous les enfants montréalais mangent à leur faim

Juin 2017 : une onde de choc traverse le pays. Le Canada se classe au 25e rang, sur 41 pays, quant au bien-être de ses enfants, selon le rapport Innocenti 14, de l’UNICEF. Et le bilan s’alourdit en examinant le détail : 31e rang pour le taux de suicide, 33e pour le taux d’infanticides, 37e en sécurité alimentaire…

Un cruel cadeau d’anniversaire : en 2017, le Canada célèbre 150 ans.

Le rapport confirme les observations de nombreux citoyens et organismes, dont la Fondation du Grand Montréal. Il y a urgence d’agir. Mais comment?

Au même moment, la FGM révise la structure des Signes vitaux du Grand Montréal, sa publication-phare biennal, qui dresse le bilan de santé des communautés montréalaises. Quelle approche adopter pour mieux cibler les enjeux locaux? Comment traiter de ces questions dans le contexte du 150e du Canada et du 375e de Montréal?

Plutôt que de s’apitoyer sur le passé, la Fondation fait le pari de regarder vers l’avenir, en plaçant le bien-être des enfants au cœur de son édition 2017. Le rapport Innocenti sert de modèle parce qu’il intègre et adapte les cibles des Objectifs de développement durable dans l’évaluation du bien-être des enfants.

« On s’est fait reprocher d’être contre beaucoup de choses, contre l’itinérance, contre la pollution, contre la faim, explique Yvan Gauthier. Les gens nous interpellaient : ‘mais vous êtes POUR quoi?’ Les Objectifs de développement durable sont apparus comme cette réponse positive à nos efforts pour améliorer la situation. On est pour Faim ‘Zéro’, on est pour une alimentation saine, on est pour un environnement durable, on est pour une éducation de qualité. On est pour tout ce qui représente les Objectifs de développement durable. »

Autres avantages : les comparatifs. En reprenant la méthode du rapport Innocenti, Signes vitaux peut maintenant situer le Grand Montréal sur une échelle canadienne et, plus encore, permettra de suivre étroitement l’évolution de la situation. On est au cœur même de la définition de développement durable.

Le bien-être des enfants à Montreal est devenu l’un des enjeux locaux les plus importantes.

Des objectifs se modelant aux réalités locales

Janvier 2018 : le conseil d’administration de la FGM adopte une orientation ODD dans son plan stratégique 2018-2021. L’approche peut dès lors se déployer dans l’ensemble des activités de l’organisation, y compris à travers ses programmes. L’idée de se joindre à un mouvement planétaire, qui partage des objectifs communs, apparaît aussi « extrêmement stimulante », et ce non seulement pour le conseil d’administration, mais pour tous les employés, selon M. Gauthier.

Des objectifs communs, certes, mais à géométrie variable, se modelant aux réalités locales. Un exemple : le taux d’insécurité alimentaire chez les familles avec enfants de la grande région montréalaise est l’un des plus élevés au Canada : 11 %, contre 8 % pour l’ensemble du pays. « Ça a été un choc pour nous et pour toute la communauté. C’était évident qu’on allait creuser cet enjeu. »

La Fondation a réuni l’ensemble des acteurs concernés — gouvernements, ville, agence de la santé, banques alimentaires, fondations, etc. — autour de l’initiative Faim « Zéro » à Montréal. En mettant de l’avant une approche éco-systémique, on a développé une véritable cartographie de cet enjeu sur le territoire. La phase 1 de ce projet, le Métaportrait des publications portant sur la sécurité alimentaire à Montréal depuis 2006, a été publiée en octobre 2018.

Les avis des organismes locales influencent la stratégie de la FGM en matière des ODD.

Un impact collectif

La publication de ce portrait n’est que la première étape d’une démarche concrète, menée par ce que le pdg qualifie de « Task Force ». « Nous voulons être capables d’identifier les enjeux les plus importants, et autour de ces enjeux, avoir des gestes et des investissements collectifs. »

Dans ce même esprit partenarial, la Fondation s’assoit à la même table que huit autres fondations actives dans la métropole autour du Projet Impact Collectif, initié par Centraide. Ce projet de plus de 21 millions de dollars, investis par les fondations partenaires, vise à réduire les impacts de la pauvreté en misant sur le renforcement des compétences des communautés locales.

En cohérence avec ses propres actions, la FGM a également intégré cinq Objectifs de développement durable à son propre Programme d’initiatives communautaires. Les projets devaient se rattacher à au moins l’un de ces Objectifs pour être sélectionnés.

Un exemple à suivre pour les autres fondations et organismes communautaires? « Ce n’est pas bien compliqué de prendre un, deux ou trois objectifs, et de se dire, nous, on va travailler là-dessus, selon les préoccupations de nos communautés », fait valoir le pdg, en s’appuyant, notamment, sur la disponibilité et la richesse de la documentation existante. 

« On se retrouve projeté dans un travail solidaire, à l’échelle canadienne et internationale. C’est extrêmement stimulant d’oeuvrer de cette manière, de rejoindre des actions de changement réel pour notre planète. »

Les « cafés vitaux »: un rendez-vous communautaire pour parler des objectifs mondiaux à Whistler

Janey Harper adore la beauté naturelle de Whistler : les majestueuses montagnes, les lacs et les forêts de conifères qui l’entourent… Mais elle s’inquiète sans répit du développement incessant des centres de ski dans la région.

Retraitée depuis 16 mois à Whistler, Jane Harper n’est pas la seule à s’en faire. Plusieurs autres retraités se sont installés dans les environs et se questionnent, comme elle, sur les effets de ce développement. « Nous vivons en plein nature, et c’est vraiment particulier! Nous voulons préserver cet environnement », dit-elle.

Bien que l’environnement naturel de Whistler demeure vierge en majeure partie, le développement de la région a entraîné une perte de la biodiversité. Soixante-dix pour cent des milieux humides, qui couvraient autrefois le bas de la vallée, est disparu. Vingt-six espèces ont été inscrites sur la « liste rouge » en 2016, ce qui signifie qu’elles sont menacées de disparition, ou près de l’être.

Comme l’essentiel de l’information concernant les enjeux environnementaux de Whistler provient du journal local, Mme Harper a voulu en savoir plus sur ce qui se passait réellement sur le terrain. Elle a donc participé au premier Vital Café de la Fondation communautaire de Whistler, un volet du programme Signes vitaux.

Chaque mois, un groupe de résidents locaux débattent d’un enjeu lié à l’un des 17 objectifs de développement durable des Nations unies. Jusqu’à maintenant, ils parlé de pensée écologique, de la pauvreté à Whistler, de changements climatiques et des bénéfices de l’apprentissage collectif.

Mme Harper a assisté à la rencontre « Penser comme une montagne », qui s’est tenu le 22 janvier, au Musée de Whistler. Le titre est inspiré de la pièce A Sand County Almanac , qui décrit les conséquences de l’élimination des loups sur l’écosystème d’une montagne. Une œuvre du défenseur de l’environnement Aldo Leopold (1949). 

À cause de l’importance du climat à l’économie de Whistler, les ODD possèdent une pertinence particulière.

Un context local et important

L’explosion de la saison touristique à Whistler – et l’afflux de visiteurs qui s’ensuit – ont occupé beaucoup l’espace de discussion. Près de 3,5 millions de visiteurs ont vu Whistler en 2016-2017, un record de fréquentation. « Il y a des préoccupations quant aux responsabilités de ceux qui s’occupent des stations dans cette communauté; ils doivent être imputables. Nous ne voulons pas perdre ce qui nous tient à cœur », souligne Mme Harper.

Les ODD peuvent paraître abstraits. La Fondation veut les traduire en enjeux « terre à terre » pour la communauté de Whistler. « Les gens peuvent se sentir impuissants face à de grands enjeux comme les changements climatiques et la pauvreté, explique Carol Coffey, ancienne directrice générale de la Fondation communautaire de Whistler. Nous voulons qu’ils comprennent qu’ils ont un pouvoir d’agir, individuellement. »

« Penser comme une montagne » peut être relié à plusieurs ODD, comme la création de villes et de communautés durables, ainsi que la consommation durable. 

Le deuxième Vital Café, sous le thème « Oui, il y a de la pauvreté à Whistler », se réfère à l’objectif de réduction de la pauvreté sous toutes ses formes.

Les rencontres démarrent par des présentations d’experts sur le sujet, avant de mener à une discussion entre les participants.

Le projet Signes vitaux de la fondation vise à informer les résidents de Whistler, et plus encore, à les outiller pour faire face à ces problèmes. Lors des rencontres, les participants sont invités à répondre à trois questions : quelles sont leurs expériences personnelles en lien avec le sujet? De quelle façon cet enjeu s’applique-t-il à la communauté de Whistler? Et quelles actions peuvent être entreprises?

« Les gens aiment bien parler de ce que le gouvernement devrait faire, mais on doit aussi les encourager à penser à ce qu’ils peuvent faire, individuellement », insiste la directrice générale. Lors de la rencontre sur la pauvreté, par exemple, les participants ont réalisé qu’ils pouvaient offrir du mentorat aux plus jeunes, partager leur expertise en atelier et créer des environnements de travail plus sains, capable de prévenir un sentiment d’isolement chez les employés.

Les Conversations vitaux sont une excellente opportunité pour rencontrer ses voisins.

Une occasion de tisser des liens

Mme Coffey souhaite que ces cafés contribuent au sentiment d’appartenance. Selon le rapport Signes vitaux 2018 de Whistler, la communauté locale se porte bien, en termes de vitalité, mais les nouveaux arrivants peuvent avoir de la difficulté à créer des relations de proximité. Près d’un cinquième (19 %) des participants au sondage entretenaient « un faible ou très faible lien » avec la ville. Un fait qui peut s’expliquer par l’importance de la population saisonnière, comme les skieurs qui n’y restent que quelques mois.

« La population tourne autour de 11 000 personnes mais, à certains moments de l’année, elle grimpe à 35 000, souligne Coffey. Tous ces visiteurs ont un impact immense sur la communauté locale et les résidents à temps plein de Whistler. »

Afin de favoriser la convivialité et les discussions ouvertes, les Vital Cafés sont de petite taille, accueillant un maximum de 15 personnes. La fondation prévoit renouveler cette expérience sur une base mensuelle.

Janey Harper décrit le café auquel elle a participé comme « une réunion de famille où tu te retrouves avec tout le monde pour découvrir ce qui s’est réellement passé ». Elle a apprécié, tout particulièrement, le fait que personne ne tourne autour du pot. « Tout de suite, on parle des vraies affaires. Et ça, c’est très puissant. »

Le Vital Cafés ont lieu tous les mois au Musée de Whistler : www.whistlerfoundation.com/vital-signs/

Comment devenir un leader de sa communauté grâce aux objectifs de développement durable : l’exemple de la London Community Foundation

Jusqu’alors plus ou moins considérée comme une sorte de banque à but non-lucratif, la Fondation communautaire London est en train de se transformer en un véritable catalyseur de changements dans sa communauté.

Comme toutes les fondations communautaires, CFL verse les dons dans un fonds de dotations et utilise ensuite les intérêts pour offrir des subventions aux organismes locaux. Récemment, la fondation a commencé à intégrer les objectifs de développement durable (ODD) – ambitieux agenda des Nations Unies- , à ses façons de faire, que ce soit pour octroyer des subventions, mener des recherches ou organiser des événements avec la communauté.

« Je ne crois pas que c’est quelque chose que nous aurions fait il y a dix ans parce que nous étions alors ‘hyper-locaux’, admet Martha Powell, présidente-directrice générale de CFL. Les frontières de ce que nous définissions comme une communauté ne cessent de s’étendre. Nous faisons vraiment partie d’une communauté internationale. »

Comme des dizaines d’autres communautés à travers le Canada, les subventions sont l’élément vital des organismes à but non-lucratif de London. Au cours de la dernière année, CFL a notamment investi dans des programmes de logement pour les itinérants et les vétérans, une clinique dentaire à coûts réduits et des services de consultation d’urgence en santé mentale sur les campus universitaires. Ces investissements ont porté fruits, et la Fondation poursuivra donc son soutien envers ces initiatives.

Le rapport Signes vitaux de la London Community Foundation a suscité des importantes conversations communautaires.

Les données du rapport Signes vitaux relient les ODD aux enjeux locaux

La Fondation publie un rapport Signes vitaux, qui prend le poul de la communauté, à chaque deux ans. Pour son rapport 2018, CFL s’est fondé sur les ODD pour créer une cartographie des enjeux prioritaires de London, soit la santé, le logement, l’équité, l’emploi, le développement durable, l’éducation et le sentiment d’appartenance.

Le rapport fait état de résultats décevants. Près de la moitié de la population londonienne consacre plus de 30 % de son budget au logement. Plus de 70 000 vivent sous le seuil du faible revenu. Avec un taux de population active de 60,5 %, London termine en queue de peloton au classement de la province. « Nous avons lancé le rapport juste avant les élections municipales afin de s’en servir comme un outil de mobilisation et d’engagement citoyen, explique Vanessa Dolishny, directrice des communications à CFL. C’est une façon d’encourager le leadership de la communauté, de provoquer le débat. »

L’initiative de CFL a attiré l’attention : d’autres organismes à but non-lucratif ont voulu savoir comment intégrer les ODD à leurs activités. « Toutes sortes de gens nous ont appelé après le lancement de Signes vitaux, de la Western University jusqu’à de petites paroisses. Ils nous disaient : ‘Comment pouvons-nous embarquer dans le projet?’ », raconte Dolishny.

CFL a inspiré la naissance de nombreuses initiatives fondées sur les ODD. Par exemple, le London City Symposium, une série de conférences semblables au TED Talks, qui s’articule autour des objectifs des Nations Unies. L’organisme Pillar Non-Profit a aussi commencé à utiliser les ODD comme cadre de travail.

Lire le rapport Signes vitaux de London
L’adoption des ODD par la LCF a aidé dans le développement de plusieurs partenariats locaux.

Suivre de près les impacts sociaux

La fondation expérimente également de nouvelles façons de mesurer les impacts sociaux, toujours selon les ODD. Un groupe d’étudiants au MBA de la Ivey Business School a développé un système qui mesure l’impact social potentiel des projets. 

Khahn Lam, membre de l’équipe, croit que cet indicateur permet une évaluation plus objective. Selon lui, la fondation peut compter sur des méthodes solides pour mesurer la gouvernance et l’aspect budgétaire des projets, mais l’évaluation des impacts sociaux est beaucoup plus difficile.

« Le processus pour évaluer l’impact social, et les décisions financières qui en dépendent, sont, essentiellement, fondés sur le ‘cas par cas’ », remarque Lam. L’équipe de Ivey a identifié des indicateurs liés à chacun des 11 objectifs de développement durable. Elle utilise ensuite les données de Statistiques Canada pour estimer l’impact social futur du projet. « Nous pouvons maintenant commencer à avoir des discussions plus nuancées autour des projets que nous souhaitons, ou non, financer », dit-il.

« De plus en plus, nous nous rendons compte que pour créer des changements à l’échelle mondiale, nous devons créer des changements à l’échelle locale, résume Powell. Notre travail n’est pas limité à ce qui se passe à London, Ontario. »

CFL organise aussi des Échanges vitaux sur des enjeux prioritaires liés aux ODD, tels que la pauvreté, les changements climatiques, la santé et le logement. La première Échange vitaux a porté sur le sentiment d’appartenance à London. Sept panelistes y ont participé, dont Martin McIntosh, directeur des relations avec la communauté au Regional HIV/AIDS Connection (RHAC). 

McIntosh a témoigné du sentiment d’isolement vécu quand sa famille a émigré des Caraïbes au Canada en 1978, ainsi que de la marginalisation dont il a souffert comme homme gai. « C’est une longue histoire, mais je vais vous raconter comment elle s’est terminée. Elle s’est terminée avec du ‘crystal meth’ à tous les jours. 

« Ça m’a amené dans la grande noirceur… Je me demande parfois ce que ça aurait été si un organisme comme le RHAC avait alors existé, un organisme qui agit comme un refuge pour les jeunes, une sorte de ‘garde-robe ouvert’, où ils peuvent explorer leur sexualité et être, tout simplement, eux-mêmes. »

Après la discussion, les organisateurs de l’événement ont demandé aux participants comment la communauté, et chacun d’entre eux, à titre individuel, pouvait s’attaquer à ces enjeux.

En intégrant les ODD à ses façons de faire, que ce soit en matière de recherche, de subventions ou d’événements, CFL souhaite que les Londoniens deviennent de plus en plus ouverts sur le monde… 

« De plus en plus, nous nous rendons compte que pour créer des changements à l’échelle mondiale, nous devons créer des changements à l’échelle locale, résume Powell. Notre travail n’est pas limité à ce qui se passe à London, Ontario. »

Lisez une lettre de notre chef de la direction, Andrew Chunilall, sur notre nouvelle raison d’être

Chers collègues,

L’année dernière, FCC s’est lancé dans ce qui est sans doute l’un des exercices les plus stimulants, voire périlleux, de n’importe quelle organisation : la redéfinition de notre « raison d’être ».  La raison d’être d’une organisation, c’est, en quelque sorte, son âme. C’est elle qui permet de répondre aux questions de fond : « Pourquoi sommes-nous là? De quoi devons-nous nous préoccuper? ». Beaucoup d’entre vous ont participé à cette démarche, engageant énergie, coeur et esprit. Je prends ici un moment pour faire le point et vous faire part de ce que nous avons appris. Ce qui s’annonce nous comble d’enthousiasme, mon équipe et moi. Nous espérons que vous partagerez ce sentiment!

Notre histoire

Monica Patten (à droite) était notre PDG fondatrice en 1992.

Comme vous le savez, FCC a été fondé il y a une trentaine d’années afin de réunir et de soutenir les fondations communautaires locales œuvrant à travers le Canada. Mission accomplie. Notre mouvement a pris une ampleur considérable. Votre impact ne cesse de s’accroître de jour en jour.

Quelque soit votre port d’attache, vous conviendrez avec moi que la situation, tant au sein de nos communautés qu’à travers le monde, diffère grandement de celle qui prévalait en 1992. Ces dernières décennies, nous avons assisté à des bouleversements technologiques et environnementaux majeurs, inconnus jusqu’ici. Nous avons entrepris un nouveau – et parfois orageux – chemin vers la réconciliation avec les communautés autochtones et la reconnaissance de leurs droits. Nous sommes aussi témoins de l’essor d’une diversité sans précédent, une première dans l’histoire de l’humanité. Notre avenir s’annonce encore plus complexe.

Le leadership des fondations communautaires est, plus que jamais, essentiel. Pour répondre aux enjeux mondiaux, les solutions locales ne sont rien de moins que nécessaires et incontournables.

Définir ensemble notre nouvelle raison d’être

L’avis du mouvement des fondations communautaires était central dans la reformulation de notre raison d’être.

Ce sont ces réalités que nous avions à l’esprit lorsque nous avons amorcé notre démarche de redéfinition. Pour nous, il était crucial d’engager le mouvement et nos partenaires dans cet exercice, d’entendre une multiplicité de points de vue. C’est ainsi que nous pouvons identifier nos faiblesses et, surtout, déployer encore davantage nos forces.

Des centaines d’entre vous nous ont aidé à trouver des réponses. Je tiens ici à vous exprimer ma gratitude pour le temps investi. Votre rétroaction, par l’entremise de sondages, d’entrevues et de discussions, a enrichi et approfondi notre démarche.

Plusieurs choses nous sont apparues clairement au cours de cette consultation.

Ce concept agit comme une véritable étoile polaire, un cadre pour toutes nos décisions stratégiques, y compris dans l’élaboration de nos programmes, et un outil de travail sur le terrain, notamment avec les donateurs. Le sentiment d’appartenance renvoie à une vaste gamme d’enjeux liés au travail collectif, par exemple, les inégalités économiques et de genre, la réconciliation, l’isolement social des aînés ainsi que l’exclusion des jeunes ou des communautés culturelles. En renouvelant notre « raison d’être », nous ne pouvions mettre de côté ce concept : il s’arrime parfaitement à une autre de nos priorités, aux objectifs de développement durable, dont le slogan « Ne laisser personne de côté », parle de lui-même.

Cependant, nous avons réalisé que nous devions insuffler une énergie nouvelle à ce concept d’appartenance, le doter d’un cadre plus audacieux, ambitieux et visionnaire. Ces nuances tiennent compte de l’angle profondément inclusif que nous voulons adopter, ainsi que de la persévérance inébranlable des fondations communautaires. Une « raison d’être » plus actuelle a donc pris forme dans nos ateliers de travail :

Certains diront : « Ça ressemble beaucoup à ce que nous avons déjà dit »! Ils n’auront pas tout à fait tort, mais cette expression a néanmoins une portée différente. Depuis quelque temps, tant à la FCC que dans de nombreuses fondations communautaires, on remarque une nouvelle façon d’aborder la question de l’appartenance. Notre « raison d’être » doit refléter ce qui émerge comme un nouvel ethos dans le mouvement.

Laissez-moi m’expliquer.

Depuis ICI 2017 (Belong 2017), nous sommes nombreux à avoir entrepris un important travail de réconciliation (ce qui est tout à votre honneur). Stimulés, notamment, par la Commission de vérité et réconciliation du Canada, nous avons dû faire un examen de conscience, en toute intégrité, et nous remettre en question. Nous avons dû nous demander, par exemple, comment notre pouvoir et nos ressources (et la façon dont nous les avons acquis) ont pu contribuer au phénomène de marginalisation. Plutôt que de renforcer le sentiment d’appartenance, nous avons parfois – et ce sans le vouloir – fait tout le contraire et aggravé l’exclusion. D’autres questions fondamentales nous ont interpellé. De quelles façons pouvons-nous donner une voix, un pouvoir décisionnel, à ceux qui n’en ont pas? Sommes-nous représentatifs de la diversité des communautés que nous desservons? Et si ce n’est pas le cas, comment le devenir? Sommes-nous toujours à la hauteur des enjeux que nous défendons?

En tant que leaders philanthropiques qui misent sur une valeur aussi fondamentale que le sentiment d’appartenance, nous devons nous acquitter de notre devoir.

Nous devons d’abord travailler sur nous

Favoriser l’appartenance commence avec nous-mêmes.

La création d’un sentiment d’appartenance réel et authentique prend racine, d’abord et avant tout, en nous-mêmes. Dans notre propre vie, nos familles, nos équipes et nos organisations. Nous devons reconnaître comment nos privilèges peuvent nous avoir induit en erreur, et nous ont fait dévier d’un chemin intègre vers l’appartenance.

De même, il est temps d’affirmer haut et fort que la gouvernance inclusive n’est pas simplement une bonne idée, mais une obligation en bonne et due forme.

Notre conception de l’appartenance n’allait pas aussi loin. Il était temps de la pousser plus avant, de la renouveler à travers notre « raison d’être » et d’y investir toute l’énergie nécessaire pour son plein déploiement.

Nous devons trouver des moyens de mobiliser encore mieux nos forces et nos façons de travailler, dans différents secteurs, afin de relever ces enjeux systémiques.

Nous devons trouver des moyens de nous rendre responsables, mutuellement, et de soutenir les initiatives innovantes. Nous devons écouter avec plus d’attention et rechercher les partenariats.

Nous devons agir dans le respect de nos propres principes et être capables de nous retirer, de céder la place, lorsque ce n’est pas la nôtre, par égard pour les autres et en toute solidarité.

Andrew Chunilall
Chef de la direction de Fondations communautaires du Canada